Statut & installation

Expert en automobile indépendant

Passer du cabinet salarié à son propre compte suppose plus qu'un statut juridique : l'expertise automobile est une profession réglementée, dont l'exercice est conditionné à l'inscription sur la liste nationale. Et cette inscription, elle-même, est conditionnée à votre attestation d'assurance.

L’attestation exigée au dossier d’inscription — devis en 2 minutes

Expert en automobile indépendant
dès ~35 €/mois
Avant la 1ʳᵉ mission
condition de qualification
Diplôme (DEA)
condition d’exercice
Liste nationale
pièce du dossier
RC Pro

Ce que « réglementée » veut dire ici

L'expertise automobile n'est pas une activité libre : elle est encadrée par le chapitre « Organisation de la profession d'expert en automobile » du code de la route.

L'article L.326-3 pose le principe : nul ne peut exercer la profession d'expert en automobile s'il ne figure sur une liste fixée par l'autorité administrative. L'article L.326-4 délimite les activités réservées : établir de façon habituelle des rapports d'expertise sur les dommages subis par les véhicules à moteur et déterminer leur valeur. L'article L.326-1 renvoie à des conditions de qualification professionnelle fixées par décret.

Code de la route

Article L.326-7

« Tout expert en automobile doit être couvert par un contrat d'assurance garantissant la responsabilité civile qu'il peut encourir en raison des activités mentionnées à l'article L. 326-4. » Les limites, conditions et garanties minimales de cette assurance sont fixées par arrêté.

L'usurpation du titre et l'exercice hors liste sont sanctionnés (art. L.326-8 et L.326-9), le juge pouvant prononcer une interdiction temporaire ou définitive d'exercer. Une commission nationale, composée notamment de représentants de l'État et de la profession, intervient dans la procédure disciplinaire (art. L.326-5).

S’inscrire sur la liste nationale des experts en automobile

Les étapes de l’installation
  1. 1 Obtenir le diplôme d’expert en automobile

    Le DEA, prévu par le décret n° 95-493 du 25 avril 1995

  2. 2 Souscrire la RC professionnelle

    Art. L.326-7 — garanties minimales fixées par arrêté

  3. 3 Constituer le dossier d’inscription

    Diplôme, probité, indépendance et attestation d’assurance (art. R.326-5, R.326-6)

  4. 4 Inscription sur la liste nationale

    De droit dès lors que les justificatifs exigés sont produits

  5. 5 Choisir sa forme juridique

    Entreprise individuelle, EURL ou SASU selon le projet

L’assurance vient avant l’inscription, pas après

C'est l'ordre qui piège le plus de créateurs : on souscrit l'assurance une fois l'activité lancée. Ici, l'attestation de RC professionnelle est une pièce du dossier d'inscription. Sans elle, le dossier est incomplet, l'inscription n'aboutit pas, et l'exercice n'est pas légal. Prévoyez la souscription en amont du dépôt.

Trois conditions se cumulent au-delà du diplôme : la probité, l'indépendance — un expert ne peut être juge et partie vis-à-vis d'un réparateur ou d'un vendeur — et l'assurance. L'attestation doit être renouvelée : une couverture qui s'interrompt fragilise votre situation vis-à-vis de la liste.

Quelle forme juridique pour exercer ?

Le statut change la fiscalité, les cotisations et la façon de facturer vos mandants — pas l'obligation d'assurance, qui pèse sur l'expert lui-même.

StatutPour quiAssurances à prévoir
Entreprise individuelleExpert seul, démarrage progressif, missions pour quelques mandantsRC Pro, auto-mission et matériel, prévoyance
EURL / SASUExpert seul avec un volume établi, optimisation de la rémunérationRC Pro au nom de la structure et de l’expert, auto-mission, prévoyance
Cabinet de 2 à 5 expertsAssociation de plusieurs experts inscrits, secrétariat mutualiséRC Pro cabinet avec plafond relevé, flotte, multirisque du bureau

L’inscription sur la liste nationale reste personnelle, quelle que soit la structure.

La micro-entreprise montre vite ses limites

Le régime micro reste possible au démarrage, mais il exclut la déduction Madelin des cotisations de prévoyance et de mutuelle, et plafonne le chiffre d'affaires. Pour une activité qui suppose un véhicule de mission, du matériel de diagnostic et des abonnements techniques, la déduction des charges réelles pèse lourd dans l'arbitrage.

Les assurances à prévoir avant la première mission

Le socle de l’expert qui s’installe
  • RC Pro couvrant les dommages immatériels non consécutifs
  • Reprise du passé si vous avez déjà exercé sous un autre statut
  • Auto-mission ou usage professionnel déclaré sur votre véhicule
  • Garantie du matériel embarqué hors des locaux
  • Prévoyance avec franchise courte sur le volet accident
Les erreurs de démarrage
  • Déposer le dossier d’inscription sans attestation d’assurance
  • Garder un contrat auto à usage privé pour rouler en mission
  • Choisir une RC Pro « conseil » générique sans mention de l’expertise automobile
  • Négliger la garantie subséquente en changeant d’assureur
  • Sous-déclarer le chiffre d’affaires prévisionnel

Le budget de départ est modeste au regard de l'exposition : la RC Pro démarre autour de 35 €/mois pour un expert qui s'installe seul, et le socle complet avec le véhicule de mission, le matériel et la prévoyance se situe autour de 110 €/mois.

Questions fréquentes

Questions fréquentes — expert en automobile indépendant

Faut-il un diplôme pour exercer comme expert en automobile ?
Oui. L'article L.326-1 du code de la route renvoie à des conditions de qualification professionnelle fixées par décret, et le diplôme d'expert en automobile (DEA), prévu par le décret n° 95-493 du 25 avril 1995, est la voie d'accès à la profession.
L’inscription sur la liste nationale est-elle obligatoire ?
Oui. L'article L.326-3 dispose que nul ne peut exercer la profession d'expert en automobile s'il ne figure sur une liste fixée par l'autorité administrative. L'exercice hors liste et l'usurpation du titre sont sanctionnés (art. L.326-8 et L.326-9).
Quand dois-je souscrire ma RC Pro ?
Avant de déposer votre dossier d'inscription : l'attestation d'assurance figure parmi les pièces exigées aux articles R.326-5 et R.326-6. Une souscription tardive retarde d'autant votre inscription, et donc le début légal de votre activité.
Puis-je exercer en micro-entreprise ?
Le régime micro reste possible au démarrage, mais il exclut la déduction Madelin des cotisations de prévoyance et de mutuelle et plafonne le chiffre d'affaires. Avec un véhicule de mission, du matériel et des abonnements techniques, la déduction des charges réelles est souvent plus avantageuse.
J’ai déjà exercé comme salarié : mes anciennes missions sont-elles couvertes ?
Les missions accomplies en tant que salarié relevaient de l'assurance de votre employeur. Si vous avez déjà exercé à votre compte, demandez une clause de reprise du passé au moment de changer de contrat, sans quoi les réclamations tardives resteraient à votre charge.
Pour aller plus loin

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